Investir dans un grand écran interactif pour une salle de classe ou un comité de direction peut représenter plusieurs milliers d’euros. On l’installe, on le connecte au réseau, on forme les équipes… puis on espère qu’il restera performant longtemps. Mais que se passe-t-il si, dans cinq ans, il ne peut plus faire tourner les outils collaboratifs, les nouvelles applications d’intelligence artificielle ou les protocoles de sécurité exigés par votre DSI ?
C’est précisément le risque mis en avant dans une interview publiée par UC Today le 25 février 2026. En marge du salon ISE 2026 à Barcelone, Christopher Carey a interrogé Lance Solomon, Chief Product Officer chez Promethean, sur un sujet stratégique : comment « future-proof » les écrans interactifs à l’ère de l’IA ? Autrement dit, comment protéger son investissement face à une innovation technologique qui va très vite ?
Son message est clair : mieux vaut privilégier l’adaptabilité, la sécurité et la longévité plutôt que de se laisser séduire par des fonctionnalités d’IA spectaculaires mais superficielles.
Des écrans devenus des infrastructures critiques
Contrairement aux ordinateurs portables ou aux smartphones, les écrans interactifs grand format ne sont pas renouvelés tous les deux ou trois ans. Une fois installés au mur d’une salle de cours, d’un amphithéâtre ou d’une salle de réunion, ils deviennent une brique d’infrastructure. Ils sont là pour cinq, sept, parfois dix ans.
Lance Solomon le rappelle : les établissements d’enseignement et les entreprises réalisent des investissements en capital significatifs dans ces équipements. Ils attendent qu’ils restent pertinents sur toute leur durée de vie.
Le défi est double
- Continuer à faire fonctionner les applications métiers.
- Maintenir un niveau de sécurité conforme aux standards en évolution.
Or les logiciels évoluent beaucoup plus vite que le matériel. Les plateformes de collaboration intègrent de plus en plus d’IA, les suites bureautiques ajoutent des assistants intelligents, les outils de création de contenus changent régulièrement d’architecture. La question que se posent les clients est simple : « Si cet écran doit fonctionner pendant cinq, sept ou dix ans, pourra-t-il suivre le rythme ? »
Au-delà de la puissance brute, cela implique une flexibilité des systèmes d’exploitation. Certaines organisations sont fortement ancrées dans un environnement Windows. D’autres privilégient ChromeOS. Android joue également un rôle majeur dans la technologie d’affichage. Promethean, selon Solomon, cherche à « rencontrer les clients là où ils sont », en supportant plusieurs systèmes et en laissant le choix des modes de gestion et de déploiement.
L’écran n’est plus seulement un matériel. Il devient une plateforme intégrée à la stratégie IT globale.
Sécurité et longévité, un couple indissociable
Dans l’interview, Lance Solomon est direct : « I think the biggest challenge is security, quite frankly. » La sécurité est, selon lui, le principal enjeu.
Plus un écran est connecté et intelligent, plus il peut devenir une porte d’entrée vers le réseau de l’organisation. Dans une école qui gère des données d’élèves, ou dans une entreprise qui traite des informations confidentielles, ce risque est majeur.
La sécurité ne peut pas être un simple argument marketing au moment de l’achat. Elle doit durer pendant toute la vie du produit. Un écran conçu pour rester en place dix ans doit pouvoir recevoir :
- Des mises à jour logicielles régulières.
- Des correctifs de sécurité.
- Des adaptations aux nouveaux protocoles de cybersécurité.
Un matériel incapable d’évoluer devient vulnérable bien avant d’être physiquement obsolète. C’est pourquoi les acheteurs examinent désormais les « roadmaps » des fournisseurs : durée de support logiciel, cycles de mise à jour, modalités de gestion centralisée ou intégration ouverte dans l’infrastructure existante.
Dans un contexte de réglementation croissante et de sensibilisation accrue aux cybermenaces, la sécurité n’est plus une option. Elle structure les décisions d’achat, aussi bien dans l’éducation que dans l’entreprise.
L’IA doit résoudre un vrai problème
Le salon ISE 2026 à Barcelone a été marqué par une avalanche d’annonces liées à l’intelligence artificielle. L’IA, ou intelligence artificielle, désigne des systèmes capables d’analyser des données et de produire des recommandations ou des contenus de manière automatisée.
Mais Lance Solomon invite à la prudence. Avant d’adopter une fonctionnalité d’IA, il pose deux questions :
- Est-ce que ce produit d’IA résout réellement un problème client ?
- Comment sont gérées les questions de sécurité et de confidentialité des données ?
Autrement dit, l’IA n’a de valeur que si elle simplifie concrètement le travail : préparation de cours, animation de réunions, création de contenus collaboratifs, synthèse d’échanges.
Dans le cas contraire, elle risque d’ajouter de la complexité et des risques. Une fonctionnalité impressionnante en démonstration peut se révéler peu utilisée au quotidien. Or un écran interactif n’est pas un gadget. C’est un outil de travail central.
Pour les organisations, la bonne approche consiste à partir des usages : quels sont les irritants actuels ? Où perd-on du temps ? Où les utilisateurs ont-ils besoin d’assistance ? Ensuite seulement, on évalue si l’IA proposée apporte une réponse pertinente.
Des impacts concrets dans la formation et l’entreprise
Prenons le cas d’un campus universitaire qui équipe plusieurs amphithéâtres d’écrans interactifs. L’objectif est de diffuser des supports pédagogiques, d’annoter en direct, de lancer des outils collaboratifs intégrant de l’IA pour résumer les échanges ou générer des quiz. Si, dans cinq ans, les nouvelles versions de ces outils ne sont plus compatibles avec les écrans installés, l’établissement devra choisir entre limiter ses usages ou réinvestir massivement.
Autre exemple dans l’industrie. Une entreprise utilise des écrans grand format dans ses salles de pilotage pour visualiser des données de production et organiser des réunions d’amélioration continue. Les applications d’analyse intègrent progressivement des briques d’IA pour détecter des anomalies ou proposer des optimisations. Si l’écran ne peut pas supporter les nouvelles versions logicielles ou s’il devient un point faible en matière de cybersécurité, c’est toute la chaîne décisionnelle qui est fragilisée.
Dans ces deux cas, la question n’est pas « Avons-nous l’IA la plus récente ? », mais « Notre infrastructure peut-elle évoluer sans risque et sans surcoût majeur ? »
Ce raisonnement vaut aussi pour les environnements immersifs. Un projet de réalité virtuelle, ou VR pour Virtual Reality, repose souvent sur des casques, des écrans de retour, des plateformes logicielles et des connexions réseau. Si l’un des maillons devient obsolète ou vulnérable, l’expérience globale en pâtit.
Faire le lien avec les expériences immersives
La réflexion portée par Lance Solomon chez Promethean dépasse le seul marché des écrans interactifs. Elle concerne toute technologie immersive, qu’il s’agisse d’affichage grand format, de VR ou de contenus 360.
Avant de lancer un projet immersif, il est utile de se poser les mêmes questions :
- La solution est-elle compatible avec notre environnement existant ?
- Les mises à jour sont-elles prévues sur plusieurs années ?
- La sécurité des données est-elle intégrée dès la conception ?
Dans cette logique, des plateformes comme explorations360 apportent des réponses concrètes. Le modèle 100% cloud permet de charger et transformer des contenus 360 en expériences immersives sans dépendre d’installations lourdes sur site. Les mises à jour sont centralisées, ce qui facilite l’évolution dans le temps.
Pour les organisations qui souhaitent diffuser des expériences dans des casques, la fonction « Diffusion casques VR » permet un déploiement maîtrisé, avec possibilité d’utiliser un réseau autonome sans connexion Internet sur le lieu de diffusion. Cela limite certains risques liés à la cybersécurité et simplifie l’exploitation.
L’idée n’est pas d’accumuler les fonctionnalités, mais de construire une base solide, adaptable et sécurisée. Exactement le message défendu à l’ISE 2026.
Penser long terme dans un monde technologique rapide
L’interview publiée par UC Today rappelle une vérité simple : la technologie va vite, mais les investissements structurants doivent durer. À l’ère de l’IA, la tentation est forte de suivre chaque nouveauté. Pourtant, pour les écrans interactifs comme pour les dispositifs immersifs, la valeur se mesure sur cinq à dix ans.
Poser les bonnes questions aujourd’hui, sur l’adaptabilité, la compatibilité multi systèmes comme Windows, ChromeOS ou Android, et la sécurité à long terme, c’est éviter des coûts cachés demain.
L’enjeu n’est pas de résister à l’innovation. Il est de l’intégrer avec discernement. Et dans un contexte où l’IA s’invite partout, cette discipline stratégique devient un véritable avantage compétitif.
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Cet article fait partie de notre veille technologique Veille360, une sélection d'actualités sur les technologies immersives.

