Le marché de la XR, pour eXtended Reality ou réalité étendue, regroupe la réalité virtuelle (VR), la réalité augmentée (AR) et la réalité mixte. En 2026, il avance par à-coups. Certaines semaines sont calmes. Puis une annonce vient rebattre les cartes.
Début mars, Pico a dévoilé un aperçu de son futur casque, baptisé Project Swan, accompagné de son nouveau système Pico OS 6. Dans le même temps, The8thWall, que l’on pensait condamné, annonce le passage en open source de son moteur WebAR. Ajoutez à cela une enquête du média suédois Svenska Dagbladet sur les lunettes Ray-Ban Meta et la révision humaine d’images captées… et vous obtenez un instantané très révélateur des enjeux actuels : puissance, ouverture et confidentialité.
Pour les entreprises, ces annonces ne sont pas anecdotiques. Elles dessinent la prochaine étape de l’informatique spatiale, c’est-à-dire l’utilisation d’écrans et d’applications dans l’espace autour de nous, comme si nos bureaux devenaient des environnements numériques.
Project Swan : la course à la puissance pour la productivité
Pico a présenté Project Swan lors d’une première vidéo sur YouTube. Il ne s’agit pas d’un lancement officiel, mais d’un "sneak peek". Le message est clair : Pico veut se positionner face au Vision Pro d’Apple.
La grande nouveauté repose sur une architecture à double puce. Concrètement
- Une puce "Pico Silicon" dédiée au suivi des mouvements et à la compréhension de l’environnement.
- Un "Flagship SoC" pour faire tourner les applications, comparable à une puce Qualcomm Snapdragon.
Ce nouveau SoC aurait une puissance de calcul deux fois supérieure à celle du Snapdragon XR2 Gen 2. On peut donc s’attendre à un équivalent XR2 Gen 3. Pour un décideur non technique, cela signifie une chose simple : des applications plus fluides, plus détaillées, et capables de gérer plusieurs tâches en même temps.
Côté affichage, Project Swan supporterait deux écrans 4K, avec une résolution angulaire moyenne de 40 PPD, pour Pixels Per Degree, et un pic à 45 PPD. Plus le PPD est élevé, plus le texte est net. À ces niveaux, la lecture de documents devient confortable. C’est un point clé pour les usages bureautiques, la formation ou la consultation de plans techniques.
Pico OS 6 : vers un véritable multitâche spatial
Le casque ne suffit pas. Il faut un système d’exploitation adapté. Pico OS 6 est présenté comme orienté "spatial computing", c’est-à-dire la gestion simultanée d’applications 2D et 3D dans l’espace.
Comme sur le Vision Pro, on peut imaginer ouvrir un tableau Excel en 2D à gauche, un modèle 3D de machine industrielle en face de soi, et une visioconférence flottante à droite.
Les modes d’interaction annoncés sont
- "Gaze-and-pinch", c’est-à-dire sélectionner avec le regard puis pincer les doigts.
- Des contrôleurs classiques selon les usages.
Le menu principal ressemblerait fortement à celui du Vision Pro. Autrement dit, Pico assume une approche "enterprise" et "prosumer" très proche du modèle Apple.
Autre élément stratégique : les outils développeurs. Pico veut séduire non seulement les spécialistes XR, mais aussi les développeurs traditionnels. Il sera possible d’utiliser Android Studio et Kotlin pour créer des applications spatiales. Pour une entreprise, cela réduit la barrière d’entrée. Vos équipes mobiles peuvent, en théorie, évoluer vers le spatial sans repartir de zéro.
Le casque est attendu en 2026. Ni prix ni date précise n’ont été annoncés.
The8thWall open source : un signal fort pour le WebAR
Autre surprise : The8thWall, considéré comme l’une des meilleures solutions WebXR du marché, devait fermer. Finalement, son moteur WebAR passe en open source sous licence MIT.
Attention, tout n’est pas ouvert. Le SLAM, pour Simultaneous Localization And Mapping, reste dans des binaires fermés. Le SLAM permet à un appareil de cartographier son environnement en temps réel. Mais l’architecture principale et des modules majeurs deviennent accessibles :
- Face Effects
- Image Targets
- Sky Effects
D’autres composants, comme un serveur MCP et des exemples, seront publiés dans les prochains mois.
Pour les entreprises, l’open source signifie pérennité et adaptabilité. Si vous investissez dans une expérience AR accessible depuis un navigateur, vous limitez la dépendance à un acteur unique. C’est un enjeu stratégique pour le marketing, l’événementiel ou le e-commerce immersif.
Lunettes intelligentes et vie privée : la face cachée de l’IA
L’enquête de Svenska Dagbladet apporte un contrepoint important. Des images captées par les lunettes Ray-Ban Meta peuvent être examinées par des modérateurs humains dans des pays à bas salaire, notamment au Kenya.
Selon la politique de confidentialité de Meta, certaines interactions avec l’intelligence artificielle peuvent faire l’objet d’une révision automatisée ou manuelle. Cela inclut potentiellement des moments privés, des cartes bancaires ou des scènes sensibles.
La révision humaine est une pratique courante pour améliorer les systèmes d’IA. Mais pour l’utilisateur, la prise de conscience peut être brutale. Porter des lunettes connectées ne signifie pas seulement enregistrer pour soi. Cela peut impliquer qu’une tierce personne, à l’autre bout du monde, voie les images.
Pour les entreprises, la question est simple : où sont stockées les données ? Qui y a accès ? Et dans quel cadre contractuel ?
Cas d’usage concrets en entreprise
Formation industrielle
Imaginez un groupe industriel qui souhaite former ses techniciens à la maintenance d’une machine complexe. Avec un casque comme Project Swan et ses écrans 4K à 40 PPD, il devient possible d’afficher des procédures détaillées, des schémas précis et des modèles 3D en haute définition.
Le multitâche spatial permettrait d’avoir
- La procédure en 2D.
- La maquette 3D interactive.
- Un flux vidéo avec un expert à distance.
Le gain n’est pas magique, mais mesurable. Pour l’évaluer, il suffit de comparer le temps de formation, le taux d’erreur et la rétention des informations entre un groupe classique et un groupe équipé en VR.
Commerce et marketing WebAR
Avec l’ouverture de The8thWall, une marque peut créer une expérience AR accessible directement depuis un navigateur. Par exemple, visualiser un meuble chez soi ou déclencher des effets "Sky Effects" lors d’un événement.
L’open source permet d’adapter le moteur à des besoins spécifiques. Pour un service marketing, cela signifie plus de contrôle et potentiellement moins de dépendance à une plateforme fermée.
Mais attention à la donnée. Si l’expérience implique la capture d’images, il faut intégrer une réflexion juridique et éthique dès la conception.
Du matériel à l’expérience, le vrai enjeu
Ce que montrent Pico, The8thWall et même l’affaire Ray-Ban Meta, c’est que la XR entre dans une phase de maturité. La puissance matérielle augmente. Les outils s’ouvrent. Les questions de gouvernance des données deviennent centrales.
Pour transformer ces avancées en valeur métier, il faut des outils simples, maîtrisables par des équipes non techniques. C’est là que des plateformes comme explorations360 prennent tout leur sens.
Grâce au "No Code", il est possible de créer des expériences immersives 360 sans écrire une ligne de code. Cela permet à un service RH ou formation de tester rapidement un scénario pédagogique.
Avec la "Diffusion casques VR" et la "Tablette de pilotage", vous contrôlez plusieurs casques en même temps, visualisez sur un "Écran de retour" ce que voient les apprenants, et gardez la maîtrise du déploiement, y compris en "Réseau autonome" sans connexion Internet. Un point crucial lorsque la confidentialité est un enjeu.
La technologie avance vite. Mais la vraie différence se joue dans la capacité à l’intégrer de manière concrète, mesurable et responsable.
En 2026, la XR n’est plus un gadget. Elle devient un outil de travail, de formation et de communication. Reste à choisir les bons partenaires et à poser les bonnes questions, notamment sur la donnée et la pérennité des solutions.
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Cet article fait partie de notre veille technologique Veille360, une sélection d'actualités sur les technologies immersives.

